All that remains film de Pierre-Adrian Irlé and Valentin Rotelli
A Tokyo, une jeune Occidentale un peu paumée se fait prendre en auto stop (en insistant "un peu") par un cadre un peu âgé. Ils quittent la ville en direction de la côte sauvage.
A Los Angeles, une jeune femme un peu paumée se fait prendre en auto stop (en insistant "un peu") par un trentenaire. Ils quittent la ville et partent vers Big Sur.
En fait les réalisateurs suisses sont allés à un festival en Californie et ils ont profité du voyage pour faire un moyen métrage de 33 mn en 5 jours avec la balade des Américains. Quelques temps plus tard, ils décident de faire un long métrage en ajoutant une deuxième histoire (qui était en filigrane dans le moyen métrage). Ce qui est intéressant c'est que chaque comédien avait son scénario peu de temps à l'avance et ne savait rien de l'histoire de son partenaire, ce qui permet d'avoir une certaine authenticité. Pour autant le film n'est pas extraordinaire mais il a le mérite de finir sur une note qui fait dire "ah oui, bien vu", on reste sur une bonne impression
Poulet aux prunes de Marjane Satrapi, Vincent Paronnaud.
J'avais adoré
Persépolis et j'aurais aimé adorer ce film . Au fait je n'ai pas lu la BD.
En 1958 en Iran, Nasser Ali est désespéré car son violon est cassé. Alors il attend la mort.
Si sur la forme, y a de très belles choses (qui ont un peu tendance parfois à virer vers une image - et une voix off - améliepoulainisante cependant) comme la place de la fumée par exemple ; le fond ne me parait pas assez consistant et la mayonnaise n'a pas pris avec moi (je ne recommande pas la mayo avec du poulet aux prunes cela dit

). On est super indulgent avec un velléitaire égoïste parce qu'il est artiste mais un la même chose venant d'un militant communiste, c'est mal ? bof
Il reste quelques jolis moments ou personnages (certains sont stéréotypés sans être des caricatures) comme Eric Caravaca ou Chiara Mastroianni ou l'Ange de la Mort (Pratchett n'a rien inventé ?

) et bien entendu Golshifteh Farahani (vue dans
A propos d'Elly) et Mathieu Amalric. Les personnages "jeunes" ressemblent beaucoup à leur version adulte, ça c'est très réussi aussi.
J'apprécie le fait qu'ils aient pas voulu faire un
Persépolis 2 mais néanmoins, il n'y a plus de magie ou de grâce (ou si peu) dans ce film
Les Marches du pouvoir (
The Ides of March) de George Clooney
Les primaires démocrates battent leur plein. Un jeune directeur de campagne (Ryan Gosling) suit "son" candidat (Clooney). Mais jusqu'où aller pour gagner ?
Eh ben pas mal mais mouaif quand même...
Les acteurs sont bons, ça oui et le fait que ce soit des élections primaires (donc "ensuite on soutient celui qui gagne même si on l'a pourri avant") rend ça très intéressant. Se pose aussi le souci de la morale, genre "dois je faire des actions "limite" pour empêcher quelqu'un de pire que moi d'être élu ?". Mais Ryan Gosling change un peu trop vite d'avis et le personnage de Clooney est un peu trop absent à mon goût (par rapport à l'
affiche très réussie). Le titre anglais (très bien trouvé) fait qu'on s'attend à voir des trahisons, du sang versé etc et en fait c'est quand même plus anodin que cela.
Bref on s'ennuie pas, c'est fait très classiquement mais ça ne restera pas très longtemps dans les mémoires.. à part que Clooney dézingue un peu "son camp".
Non le vrai film politique c'est
L'Exercice de l’État de Pierre Schoeller
Bertrand Saint-Jean (Olivier Gourmet) est ministre des transports. Entre la présence sur le terrain suite à une catastrophe routière, le projet de (ne pas?) privatiser les gares et tout le reste, les journées sont longues. Heureusement il a son directeur de cabinet (Michel Blanc) et sa directrice de communication (Zabou Breitman).
Ce film n'a pas l'air de grand chose (la privatisation des gares ce n'est pas très palpitant) mais pour moi c'est un grand film. Mais pourtant ne dites pas que c'est un film extraordinaire car les gens seraient déçus : ce ne serait pas rendre service au film de dire "c'est génial allez y !!"

. C'est un film très bien et très bien fait (mais pas un chef d'oeuvre). Il montre la vie politique d'un ministère avec tous ses échelons et son quotidien. Pas de scandale "exceptionnel" (corruption, cul, magouilles etc) juste la vie banale d'un ministre avec ses priorités qui changent, les peaux de banane mises par ses amis du gouvernement, les couleuvres qu'il faut avaler, les petites machinations pour "s'ancrer dans le local" et ce sens de l'urgence en permanence, de l'inabouti, de l'insatisfaction...
Le ministre prend les coups (et la gloire) mais la gestion c'est le directeur du cabinet qui s'en occupe. Leur couple est très bien décrit. Une description qui restera tant elle est précise, documentée et bien interprétée. On voit aussi le "peuple" par l'intermédiaire du chômeur longue durée qui vient faire un stage de 4 semaines au ministère.
A retenir cette phrase de
De Gaulle Churchill : "si tu supportes pas la chaleur, faut pas rester en cuisine"
J'aime bien aussi qu'on se moque de la couleur politique du gouvernement (ou du président). Et que le premier ministre soit avocat dans le dernier Lioret

Cependant, je me pose des questions sur le "virage" que prend le film sur la fin. Je trouve ça dommage qu'il n'a pas gardé la même trajectoire car il était passionnant