La Montagne - Septembre 2002

"Avec le temps va, tout s'en va" comme j'sais plus qui chantait. Depuis 2002, ce site et ce forum ont connu pas mal de turbulences avec une organisation et une rigueur parfois perfectibles.
On a tenté de retrouver les revues de concerts d'avant "Les Risques du métier" (2003) et de les mettre ici. Car "la mémoire est un bijou" après tout.

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La Montagne - Septembre 2002

Message par » 28 sept. 2008 23:38

Pô, le 2002-11-28, a écrit :
Bénabar ,du rire aux larmes ,mais surtout du rire.
Pour la 1e soirée des Nuits de nacre au théâtre, Bénabar a mis sur orbite le festival. Tout au long d'un concert enlevé dont tout le public est ressorti le sourire aux lèvres, le talent de l'artiste a éclaboussé la scène tulliste. Une salle comble pour un concert excellent: les Nuits de nacres ont débuté avec brio.


Souvent, la critique spécialisée se pose de sempiternelles questions sur le renouveau de la musique française, sa pertinence, ou encore sa sincérité .Après un concert comme celui qu'à donné Bénabar jeudi soir au théâtre , les doutes s'estompent et force est de constater que toutes ces interrogations n'ont d'autres interets que de remplir les colonnes des magazines musicalement corrects.
Sans en faire trop, tout en simplicité et en décontraction, en quelques morceaux ,Bénabar s'est mis le public dans sa poche.Un pari fort peu évident, vu la moyenne d'âge étonnamment élevée dans les travées du théâtre, pour une affiche telle que celle-ci.Trublion caustique, Bénabar a fait office de trait d'union dans cette assemblée hétéroclite.
Qu'on l'aime pour ses textes, tranches de vie d'un cynisme jubilatoire, lieu d'expression de néologisme douteux ou pour sa musique, alchimie néo pop rock, aux accents tantôt funcky tantôt dub, la présence scénique de ce "petit trentenaire" le fait apparaitre comme clairement rassembleur.
Si sur scène, certains en font des tonnes pour en général un résultat mitigé, le public n'étant pas dupe, Bénabar, lui, s'amuse et se permet bien des fantaisies. Brocardant sans vergogne les Tullistes, le ministère de l'interieur " qui s'en prend aux artistes, qui ne lui ont rien demandé portant!", et bien d'autres encore, sa pertinence et son dandysme affable épatent les spectateurs, rivés dans leur fauteuil les pieds battant la mesure.
Homme de scène, c'est sûr, l'improvisation totale et la faculté de rebondir sur tout et n'imprte quoi sont explicites sur le talent qui habite le jeune homme.

UN MONDE ÉTONNANT

Multifacettes, il affre sur scène une prestation totale de chant et d'humour. Bondissant parfois sur les rythmes nerveux de son combo, constitué de musiciens talentueux qui semblent fort se connaitre par coeur, il peut aussi être grave, comme pendant les morceaux où, seul, il interprète des chansons tristes.
Drole jusqu'à l'excès, il se saborde d'une pirouette et transforme une chanson d'amour melancolique en bluette legere et desopilante."Les autres vous diront le contraire mais les chansons d'amour, c'est avant tout pour niquer!"osera-t-il , stupéfiant dans un rictus amusé les ames les plus prudes de l'assistance.
Emportant tour à tour son public dans des saynetes semblant tout droit venues du troquet du coin ou des couloirs du metro parisien, Bénabar exprime une générisité envahissante et une formidable envie de vivre, encore, qui lui apporte tant d'émotions à écrire et à chanter.
Avec son regard particulier, il dessine à main levée , le temps d'un concert un monde fugâce et aérien qu'il fait visiter à ses spectateurs, qui en redemande.L'air de rien elle est belle la vie façon Bénabar.
Tu fais des ronds dans l'onirie
du ruisseau de nos réverbères
où les baleines angora tri-
cotent du plancton pour l'hiver.

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