"Bénabar, la recette du bonheur" - Paris Match - 30/11/09

Une revue d'un magazine, d'un quotidien, une interview sur "Infréquentable". Venez les mettre ici pour les partager qu'on puisse prendre connaissance et les commenter

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Stéfanie
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"Bénabar, la recette du bonheur" - Paris Match - 30/11/09

Message par Stéfanie » 01 déc. 2009 8:48


Voici l'article de presse dont Ephéméride parlait ici dans le café fil'o ;)

parismatch.com a écrit : culture-match | Lundi 30 Novembre 2009
Bénabar, la recette du bonheur

Image

En tournée depuis près d’un an et jusqu'au 1er décembre, à Paris-Bercy, il relativise son succès. Plutôt qu'aux privilèges de la célébrité, cet angoissé préfère s'accrocher à des valeurs sûres: ses amis de toujours et sa famille qui s'est agrandie avec la naissance de Ludmilla, son deuxième enfant.

Caroline Rochmann - Paris Match
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Paris Match. Deuxième fois papa depuis cet été, vous venez aussi d’emménager dans un espace plus grand. Votre vie en ce moment n’est-elle pas la parfaite illustration de “Quatre murs et un toit” ?
Bénabar. Si, complètement ! Ma fille, Ludmilla, est née le 27 juillet. La veille, je chantais en Suisse et je sortais de scène quand ma femme a perdu les eaux. Je suis rentré à temps pour assister à l’accouchement, et j’ai sauté dans un avion dès le lendemain pour poursuivre la tournée. En août, notre appartement parisien étant devenu trop petit, nous avons déménagé en proche banlieue. On a acheté le break mais pas encore le chien, histoire de ne pas cocher toutes les cases du cliché à la fois !

Vous êtes en tournée depuis un an. Cela vous laisse-t-il du temps pour profiter de Manolo, 5 ans, et de Ludmilla ?
Depuis le début de la tournée, je rentre une fois par semaine à la maison. Toute mon équipe a de jeunes enfants et chacun de nous veut faire son métier sans renoncer à tout. J’adore les bébés et suis déjà esclave de ma fille ! Lorsque je ne suis pas sur les routes, c’est moi qui accompagne mon fils à l’école et prépare le déjeuner. Et tant pis si je suis en plein milieu d’une chanson. Une belle façon de désacraliser l’écriture, non ?

Dans votre famille, avez-vous reçu vous-même beaucoup d’amour ?

J’appartiens à une famille de “cathos de gauche” très unie. Mon père était technicien de cinéma. Ma mère, libraire, est née en France de parents italiens arrivés dans les années 20. Mes grands-parents se sont connus dans le ghetto italien de Thiais, où je suis né des années plus tard. Enfant, ma mère a beaucoup souffert de la xénophobie. A l’école, après la guerre, on la traitait de “sale Ritale”. Du coup, elle n’a jamais voulu nous apprendre l’italien. Elle souhaitait que ses enfants soient de bons petits Français, parfaitement intégrés. Aujourd’hui, je vois mes parents deux ou trois fois par semaine. Je crois que ma réussite les amuse autant qu’elle les trouble.
«Je n'étais pas un enfant à passion, je n'avais aucune vocation»

Vous avez grandi entre Patrick, ­votre frère aîné, et Sébastien, le benjamin. Peut-on dire que ­Bénabar perçait déjà sous Bruno, votre vrai prénom ?
Oh non ! De nous trois, j’étais le plus effacé. D’ailleurs, encore maintenant, on ne peut pas dire que j’ai une personnalité dévorante. A l’école, j’étais moyen en tout, abonné au “Peut mieux faire”. Je n’étais même pas bon en français et encore moins avide de musique. Je n’étais pas un enfant à passion, je n’avais aucune vocation.

Après le bac, on vous retrouve aux Etats-Unis...
Je ne savais pas vers quoi me tourner. Je fantasmais sur la photographie, mais un stage de six mois comme apprenti m’a fait réaliser que j’étais hyper mauvais. Du coup, mes parents ont eu l’idée de m’envoyer six mois à Indiana, un genre de Bry-sur-Marne au milieu des champs de céréales. Depuis, j’adore les Américains. La sottise consistait à assimiler le peuple à Bush. Pour moi, l’antiaméricanisme n’est rien d’autre que du racisme.

Depuis vos 20 ans, l’équipe qui vous entoure est la même, de Marion, ­votre manageuse, à vos ­musiciens...
L’idée d’avancer avec les gens me plaît, et je suis très fier d’avoir encore des copains de maternelle ! Il y a des hommes à femmes, moi je suis un homme à copains. On est ­témoins de mariage les uns des ­autres. On se voit vieillir, évoluer... Ce n’est pas une amitié factice. Pouvoir mélanger le travail et l’amitié, c’est formidable. Je connais
Denis, mon accordéoniste, depuis quinze ans. Les autres musiciens, depuis dix ans. Quand on devient célèbre, c’est bien de conserver ses amis d’avant. Au moins, on n’a pas de doute sur leur sincérité.

Comment vivez-vous la notoriété ?
Le succès n’est pas un truc naturel. Quand on n’a pas le sentiment de le mériter, on le gaspille. Le mien est arrivé à plus de 30 ans. A 20 ans, j’aurais adoré descendre les Champs-Elysées en Porsche. A 40, j’aurais l’air d’un con. Je gagne bien ma vie, ce qui est déjà une anomalie. Depuis la crise, je me sens de plus en plus privilégié, et partager me permet de ne pas me sentir coupable. C’est pourquoi je trouve normal de payer beaucoup d’impôts. Si je ne les payais pas, je serais encore plus insomniaque ! Payer ses impôts soulage la conscience, comme notre parti­cipation aux “Restos du cœur”. Il n’y a pas que des motivations très nobles derrière tout cela.
«Je n'ai pas de problème avec la richesse, j'en ai avec la pauvreté»

Gagner de l’argent entraîne chez vous un sentiment de culpabilité ?
Je n’ai pas de problème avec la richesse, j’en ai avec la pauvreté. Je place mon argent en bon père de ­famille et je me lance uniquement dans des dépenses que ma mère pourrait cautionner ! Je n’oublie pas d’où je viens. Pour que mes gosses aient des valeurs, je me dois d’en avoir moi-même.

Votre concert du 1er décembre à Bercy marquera le terme d’une ­année de tournée. Comment appréhendez-vous cette période ?

Mal. Pendant un an, on vit tous ensemble, sans aucun temps mort, au rythme de la feuille de route qu’on vous remet chaque matin. On est complètement infantilisé. Et puis, tout à coup, on se retrouve seul chez soi à manger des pâtes à 14 heures en zappant devant la télé. On ressent un vide immense. C’est un moment que je vis très mal. J’ai mis trois mois à me remettre de ma première grosse tournée de 2003. J’étais perclus d’angoisse. Je n’avais goût à rien. J’étais constamment ­obsédé par les mêmes questions : “Est-ce que je vais encore plaire ?” “Est-ce que je serai encore capable d’écrire ?” Pour tenter de me changer les idées, j’ai loué un chalet pour quinze jours à la montagne. Une fois sur place, la neige m’a tétanisé et je suis rentré au bout de quatre jours dans un état épouvantable. Là je me suis décidé à consulter un psy.
«Je me dis toujours que le bonheur se paie. Qu'un jour, forcément, se présente la facture»

De quoi avez-vous peur exactement ?
Je me dis toujours que le bonheur se paie. Qu’un jour, forcément, se présente la facture. J’ai certes le sentiment de ne pas être un imposteur, mais aussi que tout ce qui m’arrive n’est pas vraiment mérité. En fait, je ne suis pas très solide. Je suis un perpétuel angoissé, qui, dans la vie quotidienne, a besoin de repères, d’être cadré. Dans ce boulot, on peut vite partir en vrille car tout est fait pour : l’excitation, les gens qu’on fréquente, les horaires...

Comment Stéphanie, votre compagne, gère-t-elle vos angoisses ?
Quand je reste enfermé ­quarante-huit heures d’affilée dans mon bureau à écouter en boucle la même musique parce que je suis persuadé que je n’écrirai plus une ligne de ma vie, ce n’est sûrement pas toujours évident pour elle. Je pense qu’elle se retient plus d’une fois pour ne pas craquer devant mon anxiété permanente. Nous nous sommes rencontrés il y a dix ans, dans un café-concert de Montmartre où je me produisais. Elle est ­correctrice dans l’édition. C’est quelqu’un de très serein, qui ­possède une grande lucidité sur mon métier.

A part la crainte de ne plus être ­inspiré, qu’est-ce qui vous effraie à ce point ?
Je suis angoissé sur tout, extrêmement peureux. On m’a proposé de faire “Fort Boyard” : j’ai refusé. Je me serais évanoui dès la première épreuve ! Je ne pratique aucun sport violent, je ne m’aventure dans aucun voyage lointain, et ma peur chronique de l’avion m’empêche même de me produire dans les Dom-Tom.

Avez-vous des amis dans le métier ?
J’ai quelques vrais amis comme Michel Delpech, Louis Chedid, Cali ou la Grande Sophie. J’en énerve d’autres par mon côté qu’ils jugent franchouillard. Il y aussi ceux qui ont une image de moi très arrêtée, qui disent du mal de ce que je fais sans avoir écouté mes chansons.

Et vous, qu’est-ce qui vous énerve le plus chez les autres ?

Ceux qui passent plus de temps à choisir leurs fringues qu’à travailler leurs chansons, la soumission à certaines lois de l’image. Ceux qui sont prêts à tuer père et mère pour être photographié à côté de Lenny Kravitz, mais qui vont refuser de poser à côté de telle ou telle chanteuse française qui ne vend plus de disques. Il y en a qui font preuve d’un mépris terrible à l’égard de certains. Ils devraient se méfier : il faut respecter tout le monde comme le faisait si bien Bashung, l’homme le plus gentil du monde. Une phrase à méditer ? “Soyez toujours gentil avec ceux que vous dépassez en montant, vous les retrouverez au même endroit en descendant.” De toute façon, rien n’autorise personne à se sentir supérieur. A ce propos, l’institutrice de mon fils a surpris pendant la récré la conversation que voici entre Manolo et un de ses copains : “Eh ben moi, mon papa, il est policier ! – Ouah ! la chance !” .
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Re: "Bénabar, la recette du bonheur" - Paris Match - 30/11/09

Message par Num » 01 déc. 2009 9:17

Forcément c'est pas une interview super corrosive (c'est quand même que du Paris Match) mais on retrouve bien le ton de Bénabar là dedans... et le fait que d'ici quelques jours, il va bouffer des pâtes à 14h en zappant devant sa télé :mrgreen:

Merci ;)
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Re: "Bénabar, la recette du bonheur" - Paris Match - 30/11/09

Message par Ephéméride » 01 déc. 2009 9:32

Merci !

Les photos sont à voir aussi ! Je pense à celle où Bruno exerce son souffle en jouant du bugle, il est de profil, le bugle aux lèvres, dans l'encadrement éclairée d'une roulotte/caravane américaine en métal gris (loge du festival d'Albi) :love:
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Re: "Bénabar, la recette du bonheur" - Paris Match - 30/11/09

Message par klem ogre de benabarback » 01 déc. 2009 11:26

c'était pas plutôt la billetterie ?
(quoi que j'y suis pas allé cette année, ils ont peut être changé) :mrgreen:
Photos ?
Bisou Petite Fleur :-x-:
EBT ?

Est-ce de ma faute à moi si j’aime le café et l’odeur des ptits chats
me coucher tard la nuit me lever tôt après minuit
aller au resto et boire des diabolos ?
à notre santé !


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Re: "Bénabar, la recette du bonheur" - Paris Match - 30/11/09

Message par Isagi » 01 déc. 2009 11:50

acheté ce matin mais pas eu le temps de le feuilleter avant l'embauche... vivement midi :D

un peu surprise de le voir accorder une interview à ce genre de magazine... pas vous ? mais bon s'il est resté fidèle à lui-même, l'essentiel est là !
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Re: "Bénabar, la recette du bonheur" - Paris Match - 30/11/09

Message par Num » 01 déc. 2009 11:56

Isagi a écrit : un peu surprise de le voir accorder une interview à ce genre de magazine... pas vous ?
en 2004, je t'aurais peut être répondu "oui", mais fin 2009...

Remarque à l'époque, il répondait à Télépoche et emmerdait les journaux branchouilles genre les Inrocks alors :-)p
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Re: "Bénabar, la recette du bonheur" - Paris Match - 30/11/09

Message par laurence* » 02 déc. 2009 23:18

Merci pour l'interview, très sympa à lire! :-)1
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Re: "Bénabar, la recette du bonheur" - Paris Match - 30/11/09

Message par Isagi » 04 déc. 2009 13:41

parismatch.com a écrit : culture-match | Lundi 30 Novembre 2009
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Votre concert du 1er décembre à Bercy marquera le terme d’une ­année de tournée. Comment appréhendez-vous cette période ?

Mal. Pendant un an, on vit tous ensemble, sans aucun temps mort, au rythme de la feuille de route qu’on vous remet chaque matin. On est complètement infantilisé. Et puis, tout à coup, on se retrouve seul chez soi à manger des pâtes à 14 heures en zappant devant la télé. On ressent un vide immense. C’est un moment que je vis très mal. J’ai mis trois mois à me remettre de ma première grosse tournée de 2003. J’étais perclus d’angoisse. Je n’avais goût à rien. J’étais constamment ­obsédé par les mêmes questions : “Est-ce que je vais encore plaire ?” “Est-ce que je serai encore capable d’écrire ?” Pour tenter de me changer les idées, j’ai loué un chalet pour quinze jours à la montagne. Une fois sur place, la neige m’a tétanisé et je suis rentré au bout de quatre jours dans un état épouvantable. Là je me suis décidé à consulter un psy.
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Petite pensée pour notre ami Bruno qui s'apprête à s'installer pour manger seul son plat de pâtes devant sa télé avec la zappette à la main (c'est lui qui l'a dit) en calbut et vieux t-shirt (bon ça il l'a pas dit mais on peut imaginer non ? :-)p :-)))
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